REVUE CONFÉRENCE -

JOURS AFGHANS

Vers Kaboul.

19 décembre 2001. — Appris hier que je partais pour Kaboul. Pas le temps de plier bagage, ni d’opérer le deuil de nos vacances à Hardelot. Juste quelques larmes.

En route pour Douchanbé,Tadjikistan, via Istanbul — by night, avec la perspective soit de dormir dans l’avion, soit d’être retenu à l’un des nombreux et variés postes de douane ou de contrôle dont les Turcs ont le secret.

Ça roule. Le C130 bourré de P4, elles-mêmes garnies de paquetages, d’armes et de munitions. La piste d’Orléans. Bientôt nous quittons le sol de l’Europe heureuse pour rejoindre le monde sans identité des forces multinatio-nales, furoncle arraché à la peau trop riche de l’Occident pour suppurer armes et dollars sur l’Asie centrale. Au milieu des bazars en ruine de l’Afghanistan.

Évoqué la phrase fameuse de Hegel (dans la Philoso-phie du Droit ?) sur la manifestation du réel « sous la forme d’un hussard arrivant au galop ». Ce qui disperse en effet toutes spéculations. La mort doit arriver ainsi. On ne peut préparer ses bagages, il faut partir sans regret ni hésitation.

L’avion ne décolle pas finalement. On retourne au parking. Le hussard se dissout.

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