REVUE CONFÉRENCE -

LE TEMPS DANS L’AMOUR ET LA RELATION THÉRAPEUTIQUE

 

 

Pépé, Pépé ! Tu as 65 ans ? Soix-an-te-cinq
ans ! Moi, je n’ai que 8 ans. Et la vie me paraît
déjà tellement longue !

(Un de mes petits-enfants.)

 

À TORT ou à raison, j’ai cru comprendre que le texte que je devais produire n’était destiné qu’à introduire un débat. J’espère ne pas m’être trompé.

Parce que c’est dans ce sens que je l’ai conçu. Et je vais commencer par vous faire un aveu — un premier d’ailleurs, parce que vous verrez que je m’en permettrai d’autres.

D’avoir été sollicité pour traiter « du temps dans l’amour et la relation thérapeutique » m’a laissé longtemps perplexe. Voilà réunis, en effet, trois thèmes, tellement vastes et tellement difficiles à cerner, que des bibliothèques entières n’ont pas réussi à les épuiser ! Que pourrais-je donc en dire, moi, à partir de ma seule expérience clinique de pédiatre, tout hybride qu’elle a pu parfois paraître ? Pas grand-chose, je le crains. En tout cas, certainement rien de ce que vous seriez en droit d’attendre, aussi bien du côté de la forme que de celui du fond. Et pour cause !

Si je prends par exemple cette histoire de temps, mon activité professionnelle n’a pratiquement eu à en privilégier que la dimension chronologique. Une dimension déjà difficile à gérer à elle seule. Et surtout capable de faire payer très cher sa négligence. En particulier en cas d’urgence. Et comme l’urgence est toujours impossible à anticiper, elle finit par hanter la pratique au point de l’habiter intégralement. Mais si la férule de cette dimension s’arrêtait là, ce ne serait que demi mal ! De fait, elle ne cesse pas d’obnubiler, tant elle scande jusqu’à l’intimité du biologique et du physiologique. Il importe, pour ne citer que ces exemples, d’avoir constamment à l’esprit le rythme de renouvellement des différentes cellules du corps, le cycle des sécrétions humorales ou la durée de vie des médicaments. Même la surveillance des processus de développement,rigoureusement chiffrés,lui est soumise.Tout autant d’ailleurs que les stratégies diagnostiques ou les entreprises thérapeutiques. C’est comme si le métier de médecin ne pouvait jamais se distraire de la menace d’un Chronos réputé, non sans raison, implacable.

 
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