ÉDITIONS CONFÉRENCE -

Ton prochain de Luigi Santucci

Ton prochain de Luigi Santucci176 pages, format 13,3 x 20 cm imprimé sur Arena Ivory Smooth 80 gr.

19.00 €

Ton prochain est une collection de quatorze moralités, ou, si l’on préfère, de petites méditations, mais légères et conversées, sur le rapport entre chacun de nous et «les autres». La problématique des contacts, des sentiments et des échanges entre nous et notre prochain — complexe et insondable, parfois dramatique, parfois douce, et toujours difficile et exigeante —, l’auteur la parcourt d’une touche rapide et agile, aussi riche et profonde qu’amusée. Jeunes et vieux, pauvres et riches, blancs et noirs, supérieurs et inférieurs, parents, amis et amoureux sont réexaminés à la loupe de ce mot solennel et usé, «prochain», qui dans ces pages se libère de toute rhétorique prédicative et de tout conceptualisme abstrait pour simplement nous inviter, avec un timbre tantôt subtil, tantôt passionné, à appliquer dans le détail des jours un précepte qu’on croit rebattu sans en avoir savouré toutes les conséquences : «Va, et toi aussi fais-en autant.»

Le texte est suivi de la traduction du testament enregistré que l’auteur adressait à ses enfants à la veille de sa mort, où il récapitule avec une grande simplicité et une rare authenticité ce que «la vie» et la littérature sont à ses yeux.

En ces temps si particuliers, il est utile de se pencher sur les conditions et les exigences de la «proximité»…


Luigi Santucci naît à Milan le 11 novembre 1918. Il soutient à l’université catholique de cette ville une thèse en 1941, qu’il publie l’année suivante sous le titre
Limites et raisons de la littérature de jeunesse ; Benedetto Croce salue la justesse de ce travail, que Santucci reprend et développe en 1958 : La littérature de jeunesse (Fabbri Editori ; 3e édition, Massimiliano Boni, 1994). Il y plaide parfois polémiquement pour les droits du mythe et du merveilleux. Cette attention à la simplicité et à tous les primesauts de l’imagination au service du respect de la réalité sera une des constantes de son œuvre d’écrivain.

Il commence d’enseigner très jeune dans un lycée de Gorizia, puis à Milan. Antifasciste convaincu, il doit se réfugier en Suisse en 1944. Il revient à Milan après plusieurs mois, participe à la Résistance dans le Val Cannobia, et fonde avec quelques amis (David Maria Turoldo, Dino Del Bo, Camillo de Piaz, Gustavo Bontadini, Angelo Merlin, Angelo Romanò) le journal clandestin L’Uomo (L’Homme). À la fin de la guerre et dans les années suivantes, il multiplie les liens avec les protagonistes de la scène littéraire — «l’hermétisme florentin » —, Carlo Bo, Elio Vittorini, Eugenio Montale, Salvatore Quasimodo. Il publie à partir de 1946 de nombreux ouvrages: récits, romans, essais, pièces de théâtre, fables pour enfants, mémoires, poésie… En 1950, il épouse Bice Cima ; de cette longue et heureuse union naîtront quatre enfants, Michele, Agnese, Raimondo et Emma : vie qu’il dira lui-même simple et privilégiée, et placée sous ce que Carlo Bo appellera «le signe de la joie» à laquelle, dans les pages posthumes d’un Autoportrait (2004), il dit avoir voué son œuvre. «La religiosité de Luigi Santucci», écrit Claudio Magris, grand amateur de l’œuvre, «est indissociable de son écriture, de sa manière de vivre le monde et de le raconter avec un accent épique et picaresque, un humour si humain et sanguin ; avec cette ironie qui est le sens amoureux de la petitesse et de la relativité de l’existence, et qui est pour cette raison la façon authentique de faire rejaillir l’absolu sur les destinées humaines racontées avec une charité affectueuse et irrévérencieuse.» Orphée au paradis (Mondadori, 1967), où se rencontrent de profondes réflexions sur la destinée humaine inspirées par la mort de sa mère, remporte le prix littéraire le plus prestigieux d’Italie, le prix Campiello; Santucci multiplie les ouvrages, les tons, les essais parfois écrits à plusieurs mains pour les questions qui lui semblent le plus essentielles (par exemple, en 1960, avec Angelo Merlin, Le livre de l’amitié ; l’hommage de Gianfranco Ravasi paru dans Il Sole 24 Ore pour le centenaire de sa naissance s’intitule avec justesse «l’amitié comme trame de la vie»). Il meurt à Milan le 23 mai 1999. Ton prochain est son premier livre traduit en français.

Photographie de couverture de Maria M. Sepiol.

Traduit de l’italien par Christophe Carraud.

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