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La variation.

I. A. V., 1998.

Christophe Carraud

Du prestige de la variété au
vertige de la variation
, suivi de

Jacques-Bénigne Bossuet
Préface à l'Histoire des variations
des églises protestantes.
Sébastien Mallet
L'homme, variation continuelle.
Jean-François Lavigne
Voir l'essence.
Michel Costantini
Un problème esthétique :
séries ou variations ?
Jean-Claude Bonne
L'ornement. La différence
dans la répétition.
Philippe Charru
La variation en quête de
sa source : Bach et Webern.
Rémy Stricker
Beethoven, Liszt et la
variation : élaborer ou détruire
Pierre-Henry Frangne
Méditations et variations sur le
visage : la peinture de Jawlensky.
François Bouchet
Crispus et ses avatars : variations sur le thème de l'innocent malheureux.
Jean Arrouye
La photographie, art de
la variation
ne varietur.
Gérard Baudouin
Les Carrés magiques.

Dessins de Gérard Baudouin, Claude Faivre et Yves Carreau.

Un volume de 256 pages, 135 francs.

Commander l'ouvrage.

*

Le mot de variation a ceci d'étrange et de fécond qu'il semble désigner les données les plus primitives de l'activité formelle, et la nécessité où elle se trouve de se modifier sans cesse. Disons " art ", et tout se ressemble, et tout varie. Où que l'on se tourne, on voit un même fonds d'existence indéfiniment repris et travaillé, varié de mille manières, accédant ainsi à lui-même comme ce thème qui nourrit l'interrogation renouvelée ; un thème qui n'a d'autre expression peut-être, d'autre substance que cette variation à elle seule. On a pu, par exemple, écrire de la littérature qu'elle était " l'art de varier à l'infini les lieux communs ". C'était considérer la variation comme une activité de construction, qui édifie sur un sol que tous connaissent ; en cette pensée elle vaut principe poétique, et par suite admet toutes sortes de règles et d'inventions qui manifestent l'inépuisable fécondité de ce qui est notre " lieu commun " en effet, le monde que nous habitons. Mais la variation fait aussi naître l'idée que rien n'échappe aux transformations, que rien ne tient véritablement ni ne peut renvoyer à une substance première et sans défaut ; joyeuse ou éperdue, elle accuse le bougé des choses, l'emprise du temps, et peut-être l'effondrement prochain des formes, - faisant l'homme essence inquiète et mouvante. La variation ne sait pas vraiment où elle se tient. Quelle vérité anthropologique désigne-t-elle ? Quel est son sens, sa destination ? Entre l'argument de la richesse du monde et la liberté affolée que la variation découvre, c'est l'histoire des formes qui se dessine et s'interroge.