REVUE CONFÉRENCE -

PARFOIS

 

Parfois 
quelques mots lui suffisaient pour ouvrir le monde. Il respirait alors le vent d’émeraude, les chevilles dans une boue impétueuse. Ses yeux s’enfonçaient dans la clarté à mesure que la clarté s’enfonçait dans ses yeux. Une clarté ouverte à l’irrévocable. Parfois, avec quelques mots, il froissait les murs entre ses doigts comme un simple brouillon. 

Il disait
Dans ma bouche, je remue le monde.


Parfois 
dans sa chute, il s’agrippait aux yeux verts, se laissait aimanter et s’échappait par leur couloir de lumière. Il devenait aussitôt l’incessante cascade prête à sauver d’autres noyés. Parfois, en plein hiver, dans son lit, il visitait l’été en haut des granges. Appliqué, debout dans sa chambre, il taillait à vif son bloc de silence. À chacun de ses coups, des rêves, des chants, comme des nuées d’ailes, s’échappaient.

Il disait
L’écriture me devance et devine ou trace le chemin que j’ignore encore.


La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?
© Meet Gavern - Free Joomla! 3.0 Template 2019