PEINDRE POUR MÉMOIRE

Dévoilement de marges et pesée de lueurs
toute clarté s’instruit d’une lumière fossile
et toute ligne d’un retour du perdu.
La couleur est une vitre sur un feu froid
et le tableau la preuve que l’immense recommence le temps.

 

Le peintre est là qui ajoute un silence pour qu’existe l’espace
Son rivage est le nôtre, son image notre image,
mais son attente est l’attente d’un signe déjà fait
son soleil une lampe sur l’abîme du jadis.

 

Est-ce encore le matin, est-ce déjà le soir ?
Quelle heure est-il en ces lieux que nous reconnaissons ?
Et cette lumière qui boit aux sources de la nuit
est-elle d’un monde à naître ou d’un monde passé ?

 

Lestés de sable et d’eau
les cendres et les charbons du monde frappent la roche du ciel
pour que la vérité des pieux se saisisse de la chair des bastaings.
Et tandis que la parenté des bornes et des rives




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