VIES PARALLÈLES DE ROGER CAILLOIS ET CLAUDE LÉVI-STRAUSS

 

Les thèses et le papillon.

 

EN TEMPS D’INFLATION VERBALE ET DE DISETTE INTELLECTUELLE, on pressent d’instinct la teneur de la loi de Gresham et sa triste vérité : « la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Dans la vie intellectuelle, il est une autre loi presque aussi inexorable et à laquelle il conviendrait, en toute rigueur, de donner le nom du poète Jean Grosjean, qui le premier l’a énoncée avec la rigueur idoine dans l’essai pionnier qu’il consacra à Camille Claudel : le faux succès qui annexa Rodin a su exclure Camille. Non qu’il cherchât à rabaisser l’oeuvre du premier par cette formule : le propos était simplement de faire valoir que, quand deux oeuvres se développent, plus qu’en concomitance, en dialogue, voire en symbiose (que l’esprit du temps veuille croire à ce genre de synergie ou que les hasards d’une rencontre ou d’une polémique le suggèrent), le surcroît de malentendu qui inscrit une oeuvre dans son époque ne profite à l’une qu’au détriment de l’autre. Ainsi en fut-il de Sartre et de Raymond Aron

 

La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?