LETTRE À GUARNIERI (1471)

 

Traduit de l’italien par Christophe Carraud.



Niccolò Perotti, évêque de Siponto, à Francesco Guarnieri.



Mon cher Francesco,

Je prenais depuis peu l’habitude de remercier l’époque où nous sommes pour le cadeau si précieux et même divin qu’elle venait de nous faire d’un nouveau genre d’écrit tout récemment rapporté d’Allemagne. Je voyais en effet un homme seul capable d’imprimer en un mois autant de texte, et même davantage, qu’il peut s’en écrire à plusieurs en un an. Notre Campano, évêque de Teramo, a très élégamment tourné la chose en un vers :

Il imprime en un jour ce qu’un an ne sait dire.

Et donc j’espérais qu’en fort peu de temps, les livres seraient si abondants que même des gens sans guère de moyens n’auraient pas à aspirer plus longtemps au plaisir d’en disposer. Ainsi croyais-je que l’esprit humain se développerait de jour en jour, que les études littéraires fleuriraient, et qu’une telle disponibilité aurait pour effet d’attirer chacun vers les arts les plus nobles. Mais — ô vaines pensées des hommes — je vois que les choses tournent tout autrement que je ne l’espérais.

 

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