REVUE CONFÉRENCE -

ÉCRITURE ET ERRANCE

 

 

Note.
Puisque j’ai huit fois dix ans.

1-2 août 1996, Les Vernys.

 

Descendu à Vercorin je viens d’envoyer aux correctrices Stéphanie C.-M. et M.-Thérèse L. les épreuves très aimable-ment apportées par elles il y a trois semaines.

Journal 1984. La publication en a été souhaitée par les Archives littéraires en mai 96.

Il m’était demandé de choisir parmi mes inédits.

1 Les Archives Littéraires de la Bibliothèque Nationale de Berne consa-crent une exposition à Maurice Chappaz pour son quatre-vingtième anniversaire ; elle s’ouvrira le 7 novembre. À cette occasion, les éditions Empreintes font paraître sous le titre « Écriture et Errance » le Journal 1984 de l’auteur. Nous publions dans ce numéro, avec la note liminaire rédigée tout récemment, des pages de ce journal, que d’autres extraits viendront compléter dans notre numéro suivant.

Nous remercions les responsables de la Bibliothèque Nationale de Berne, ainsi que M. François Rossel, directeur d’Empreintes à Lau-sanne, pour leur générosité éditoriale.

Une mise au point du Journal, même très partielle, m’inté-resse car mes milliers de pages aventurées, dépêchées, sponta-nées m’entraîneraient trop loin : je suis vidé de mon temps. Une œuvre se perd, je la retrouve pressé par quelqu’un. Elle revoyage en moi, ainsi récemment pour Pages choisies II(L’Âge d’Homme, 1995). L’année 1984 en était absente. J’ai rat-trapé ces carnets.

À défaut de pouvoir ressaisir l’année entière et pour qu’il y ait livre, vie, unité, un tout, « confession », j’ai rassemblé tous les lieux habituels de mes dix ans d’agenda : Le Lieu au Val de Joux, le lieu par excellence de l’amitié, lors des longues neiges, en février, Paul-Eugène Rochat me voyait descendre du petit train au cri de faisan dans les gares avec mon sac et mes skis ; Châble, l’Abbaye maternelle, les « toujours » qui s’y sont ins-crits sans que je puisse les épuiser, et dans les silences coupés d’affaires les œuvres qui se planifient ; Finges l’oasis, vécue dès le début du patriarcat vagabond, presque abandonnée, ma forêt, mon fleuve que je regagne en passant ; les Vernys isolés encore, vacances et clairières avec la fraîcheur du travail ; et la Valpelline où chaque été se profilait un col s’élargissant à tous les glaciers traversés avec mon ami Jean Quinodoz, le musicien aujourd’hui au ciel.

 


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