L’ABBAYE DE MAURICE CHAPPAZ

IL faut ici quelques explications. Nous sommes dans le Valais. L’Abbaye, ce fut jadis la résidence d’été des évêques de Saint-Maurice, au Châble, dans le val de Bagnes, la vallée qui s’ouvre à l’est lorsqu’on vient de Martigny et qu’on a laissé plein sud celle qui mène au Grand Saint-Bernard et qui s’appelle le val d’Entremont.

La famille Troillet acheta la vieille demeure-forteresse au XIXe siècle, et celui que Chappaz appelle l’Oncle dans les pages qu’on va lire comme dans tant d’autres qu’il a écrites, c’est Maurice Troillet. Il y vécut avec ses sœurs. On voit aussi passer beaucoup d’autres silhouettes qui sont des figures magnifiques (la mère, les tantes, et bien sûr la première épouse : Corinna Bille, l’écrivain, disparue en 1979) ; mais l’Oncle est ici une figure particulièrement puissante, une sorte de souverain du Valais, conseiller d’État qui régna durant cinquante ans sur ce Canton rugueux, presque jusqu’à sa mort, en 1961. Les liens furent très étroits.

On prend malaisément la mesure des vies. En voici une (au milieu des vignes, des terres, des mélèzes, des alpages, des barrages, des livres) qui commença en 1916, et se mit à écrire sa négociation avec des choses immenses et très proches.

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