REVUE CONFÉRENCE -

Poésie persane

 « Le peuple d’Iran est le plus poète du monde. »
Nicolas Bouvier. 

I. AILLEURS

La première 

Niloufar m’a offert ses souvenirs de là-bas, sa vie d’autrefois, Dâmghân, le caravansérail, les grenades, le ghormeh sabzi et alef bé pé té sé... 

Caroline m’a offert son adolescence de Chanteloup- les-Vignes, le HLM, la cité, toutes les langues du monde, le tah dig qu’on racle et qu’on gratte. 

Caroline l’Iranienne, Niloufar la Parisienne — « le sholeh zard, c’est ma madeleine» — m’a fait don de ses fêlures, de sa déchirure, ni d’ici ni de là-bas, ni d’Orient ni d’Occident. 

De la pointe de la langue

«Gharib nagheyr kheyr khouneh... l’étranger pas du tout le bonheur la maison », psalmodie un Iranien de France à mon intention. « Gharib nagheyr kheyr khouneh », répète Amin au café Darius. Gheyn et khé, deux lettres qui râpent et qui raclent. 

Nous sommes en Provence. Amin m’accueille chez le grand Achéménide et j’apprends sa langue. Gheyn et khé forment dans ma bouche de gros grumeaux. J’essaie d’autres mots qui plus doucement coulent : « doust yâr shâhed... le camarade le compagnon l’ami ». 

 

 

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