REVUE CONFÉRENCE -

Au royaume de la rouille

 

Poèmes traduits de l’italien
par Alberto Frigo. 

Nel regno della ruggine 

Chi ci crede più alla notte
e uscendo non visto dal salotto
dove gli amici festeggiano una data
aspetta, aperti occhi nel buio, quella voce
oltre il fitto degli alberi, sapendo
che non verrà, ma fiducioso
nella potenza dell’attesa? 

Per il freddo, io chiedo, per coloro
che hanno attraversato il silenzio,
per chi dorme nella conchiglia dell’amore
e per chi svuota il mare dell’amarezza
con il cucchiaio del rancore,
io chiedo, per chi non sa dare nome
al desiderio di tutto, per chi sorride nell’alone
di una torcia dell’esperienza
a basso consumo, chiedo di non distinguere
l’amico dal nemico, per una notte, non decidere
dov’è la ragione, ma di ascoltare, ascoltare a lungo
la voce, che non sarà udita,
l’ora esatta scandita
dal germoglio che sforza
la scorza oscura,
quella ferita. 

 

Au royaume de la rouille 

Qui croit encore à la nuit
et sort discrètement du salon
où bruit la fête d’un ami,
pour attendre dans le noir cette voix
d’au-delà des forêts et savoir
qu’elle ne viendra pas, sans désespérer
du pouvoir de l’attente ? 

Pour le froid, je demande, pour ceux
qui ont traversé le silence,
pour ceux qui dorment dans la conque de l’amour,
pour ceux qui vident la mer d’amertume
à la cuillère de la rancœur,
je demande, pour ceux qui ne savent pas nommer
le désir de tout, pour ceux qui sourient dans le halo
d’expérience d’une torche
à basse consommation, je demande de ne pas distinguer
l’ami de l’ennemi, pour une nuit, de ne pas décider
où est la raison, mais d’écouter, d’écouter longuement
la voix, inaudible à jamais,
l’heure exacte scandée
par le bourgeon qui force
l’obscur de l’écorce, cette plaie. 

 

La lecture des articles est réservée aux abonnés. Pas encore abonné(e) ?
© Meet Gavern - Free Joomla! 3.0 Template 2019