ENTRETIEN AVEC PAUL VIRILIO

 

L’ENTRETIEN dont on publie ici la version revue et corrigée de concert avec Paul Virilio remonte au mois de juin de cette année. Puisque Conférence médite les ruses et l’erre de la technè depuis quelques années, comment ne pas demander à ce polymathe — architecte, maître-verrier, photo-graphe, écrivain ferré en polémologie et découvreur de la « dromologie » (un néologisme à lui), éditeur —, comment ne pas demander à Paul Virilio d’inaugurer les entretiens dont nous enrichissons nos prochains cahiers ? Qui veut comprendre à quel point la pensée de la technè s’est approfondie (enhardie, apaisée, poétisée et systématisée tout à la fois) depuis les récents débuts de la déception prométhéenne, peut le mesurer en fré-quentant les écrits de G. Anders, de G. Simondon et de Paul Virilio. Anders et Virilio, entre autres points communs, sont des lecteurs assidus de Husserl, et leur formation phénoménolo-gique se signale, pour chacun selon sa manière dans son inven-tion et son œuvre propres, par leur art de discerner et de dévi-sager celles de ces situations-limites du contemporain dont le trait plus significatif se donne et se cèle dans leur allure de banalité. Comment soutenir l’étrangeté du « mode d’existence des objets techniques », eux qui, contre toute attente, ont fini par pouvoir prétendre à ceci justement — l’existence — et par rendre manifeste leur inquiétant excès de sens dans la massive insignifiance de l’utilité — quand, de l’autre côté de cet hori-zon de fausse familiarité, il y a, de plus en plus fréquentes, les irruptions de la surnature comme technè ?

 

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