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L'harmonie.

I. A. V., 2000.

 

L'imagination du monde.

Leo Spitzer
La notion d'harmonie du monde dans l'Antiquité et les premiers siécles chrétiens.
(Trad. V. Betbeder, Ch. Carraud, I. Fabre).
John E. Jackson
Notes pour Garache.
Claude Garache
Seize dessins.
Pétrarque
Rien n'échappe à la lutte.
(Trad. Ch. Carraud).
Jean Gerson
Six poémes.
(Trad. I. Fabre).
Matthieu Guillot
Monde et sons, écoute et inouï.
(Sur Xenakis.)
Pascal Riou
Hermés est fatigué.
Eric Dessert
Géorgie, 1998. Quatorze photographies.
Michel Costantini
Qu'Aristote connaissait la musique,
ou de l'harmonie chez les natifs de Stagire.
Vincent Bioulés
Coupe du monde.
Rémy Stricker
Mozart, l'harmonie donnée.
Cathy Jurado-Lécina
Les chemins du regard.
Gérard de Palézieux
Gravures et autographies.
Jan Willem Noldus
Des fleurs et des couleurs.
Christian Doumet
Les mots de la musique. A propos
des
Préludes de Debussy.
Michaèl Devaux
Leibniz : le "systéme de l'harmonie"
entre esthétique et théologie.
Anne Dufourmantelle
L'harmonie, une effraction dans
l'ordre de la représentation.
Christophe Carraud
Bellarmin, les Psaumes et notre temps.
Bref apologue.
Yves Pauwels
"Harmonia est discordia concors" : le modéle musical dans l'architecture
des temps modernes.
Marc André
Du compossible musical
dans l'Ars subtilior.

Un volume de 344 pages, 28 euros.

Commander l'ouvrage.

*

" HARMONIE ", voilà un mot bien suranné. Nous y pensons comme à une nostalgie de l'esprit ; ou nous retrouvons en lui, mais selon les hasards de l'heure et devant quelques beautés lointaines, un désir enfoui qui rêve vaguement d'unité, puis se détourne de l'effort qu'il y aurait à la croire possible, ou simplement disponible, pour vaquer aux occupations du " réel ". Il est vrai qu'un siècle, comme on l'a dit parfois, qui a commencé " le 22 avril 1915, à Ypres, dans un nuage de phosgène ", et qui s'achève sans autre espoir qu'une assez morne et lente apocalypse déclenchée par ce que nous connaissons déjà de nos pouvoirs et de nos techniques, ne peut pas nous révéler grand chose sur une notion recouverte de cendres. Quant à l'art, aux fins qu'il se donne et aux attentes que nous mettons en lui, il semble aujourd'hui s'en passer assez bien, ou assez mal, c'est selon. Mais ce qui importe, c'est de savoir pourquoi nous avons voulu que le " réel ", les objets, l'art lui-même, soient ceux-là ; et pourquoi nous désirons que l'" harmonie " devienne décidément une notion " historique ", comme on dit par euphémisme, c'est-à-dire une notion privée de vie et d'effet, séparée du présent et incapable de l'orienter. Peut-être la confondons-nous avec une immobilité doucereuse et suspensive, en ne voulant pas voir sur quel travail du réel et à partir de quelle profusion un équilibre s'obtient, quelle dynamique y est à l'œuvre ; et peut-être, aussi bien, avons-nous souhaité perdre, avec celui de sa diversité, le goùt d'une symphonie du monde, parce que les exigences qu'elle fait entendre risquent de ne pas se plier aux intérêts de notre maîtrise. Les pages que nous publions veulent simplement donner à mesurer la fécondité d'une notion toujours actuelle et agissante ; et, ce faisant, elles n'entendent poser qu'une seule question : quelle conception du monde voulons-nous choisir - c'est-à-dire encore : avons-nous déjà refusé que cette interrogation ait un sens ?